Récit de course – Marathon de Val de Reuil BIS

Marathon de Val de Reuil – Le jour où j’ai abandonné.

22 mois et 1240 km d’entrainements et de compétitions plus tard, il fallait bien que ce jour arrive.
J’ai abordé ce deuxième marathon avec mon frère, pour qui c’était le premier.
Je suis partie confiante. Très, trop confiante. Après tout, j’avais déjà couru cette distance, pourquoi je ne recommencerai pas ? C’est le même marathon, je connais le parcours, c’est un avantage. Si je suis aussi sûre de finir dans ma tête, tout ira bien dans les jambes.
Ouais, en fait, non.
Maintenant que j’ai bouclé cette distance, elle ne me semble pas si énorme – et c’est vrai, 40 km ce n’est pas si insurmontable.  Pas insurmontable certes, mais pas anodin non plus. Qui s’amuse à faire des entraînements de 40 km ?
Je ne suis pas dans le même état d’esprit que l’an passé. Je vois sur mes stats Runtastic que j’ai mis dans les 9 – 10 mois à remettre vraiment le pied dans mes chaussures, et ce avec envie. Aujourd’hui, j’ai simplement hâte de ne plus avoir mal au pied pour retourner sur la piste. Je me suis pris un bon seau d’humilité sur la tête et désormais, à ma courte liste de réussite-en-course-a-pied s’ajoute définitivement la régularité. C’est bien beau de se sentir voler sur 12 km à l’entrainement si on n’y va pas les 9 jours qui suivent.

La question à mille euros

Que s’est il vraiment passé ? Pourquoi ai-je pris cette décision et répondu ‘Oui’ à la question ‘Tu abandonnes ?’
Jusqu’au 28, tout allait bien.
C’est un mensonge, ça allait déjà plus tellement ! J’ai un point de comparaison grâce au premier en 2013 alors, je sais que physiquement, les douleurs étaient les mêmes. Les crampes, le psoas, les hanches et les aines.
Oui mais – L’année dernière, je n’étais pas seule. De 0 à 42,195, j’étais accompagnée. Suivre cette personne qui m’a aidé à tout faire, c’était bien plus facile que de se dire « j’ai mal j’ai faim j’ai chaud j’ai soif » sans personne pour nous dire « tais-toi et cours ».

La deuxième question à mille euros

Est ce que j’aurai pu faire 12 km de plus ?
Dimanche dernier, non. Je n’avais aucun regrets. Parfois, en finissant une course, on se dit « j’aurai pu pousser plus, j’aurais pas du flancher, si j’avais… » Mais là, non, j’en avais bien conscience, j’avais abandonné, et pour rien au monde, je ne serai revenue en arrière.
Seulement aujourd’hui…

La conclusion
Si tu veux te faire un marathon, prends un copain.

La saison de fin d’année n’est pas terminée, encore deux courses m’attendent, et pas des moindres. Je suis presque contente d’avoir pris cette claque dimanche dernier, ça me permet d’aborder les futures épreuves avec beaucoup plus de réserve et de prudence.

Bon week end à tous !

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La Noctambule: nouveau RP!

Hier soir à Courbevoie, mon frère et moi nous sommes élancés pour 10 kilomètres nocturnes. C’était top, sur tous les plans !
L’ambiance était vraiment festive, d’ordinaire je suis pas super à l’aise avec les ambiances « on danse tous ensemble avant de courir tous ensemble » mais là, il y avait quelque chose en plus. Peut être juste le soleil en moins..!

J’ai suivis mon frère dès le départ, on est parti sous les 5′ au km, j’étais à l’aise mais pas longtemps !
Grâce à ce départ de feu j’ai fais les 7 km les plus rapides de ma vie de coureuse ! 12 km/heure pendant 35 minutes, je n’avais jamais fait ça. Le plus exaltant, c’est que j’étais bien! Respiration confortable, corps souple, que du bon.
Une grosse cote m’a bien ralentie, et ensuite je n’ai pas réussis à reprendre ma vitesse. J’ai finit un peu en souffrance niveau souffle, mais j’ai gagné 12 bébés secondes par rapport à mon dernier « meilleur temps ».

10 km de plaisir, 53min04 secondes un peu frustrantes, les 52 étaient si proches…

Rendez vous le 5 octobre pour Paris Centre !
Et plein d’autres dossards à venir jusqu’en décembre !

Récit de course – semi marathon de Forges-les-eaux: la course sans la montre !

En mars 2013 je me suis élancée sur mon premier semi marathon, celui de Paris, avec une préparation médiocre, pour ne pas dire inexistante, dans les jambes. 3 mois plus tard, malgré les 2h22 de souffrance endurée, j’ai remis le couvert, cette fois ci a Forges-les-eaux, réputé pour sa difficulté due aux cotes et nombreux faux plats. Mais j’ai été plus maligne que pour Paris, et ai gagné 19 minutes sur mon RP.
Cette année, Forges-les-eaux était de nouveau au programme, mais comme je suis une grosse feignante depuis plusieurs mois maintenant, j’y suis allée les mains dans les poches avec une excuse toute prête: je vais courir avec ma mère.

Dimanche dernier, c’est donc sans stress que je me lève, avec pour seule intention de faire un parcours de santé d’une vingtaine de bornes, sans réfléchir, sans souffrir, et surtout, sans regarder l’heure. C’est la première fois que je me présente à une compétition sans mon chrono! Mais j’avais testé l’idée sur quelques sorties, et la satisfaction avec laquelle j’en étais revenue valait le coup de partir à l’aveuglette.
Je pars donc à un rythme très tranquille, sous un ciel gris et humide, entourée de forêts et de champs. Tout me semble parfait, l’air sent bon, le vert des arbres est sublime avec la lumière sombre, je me sens affreusement bien. Un concurrent me rattrape et me suis. J’ai la satisfaction de voir qu’il halète alors que je me contente de respirer par le nez depuis le départ. Nous partagerons 15 km et plusieurs discussions ensemble, jusqu’à ce qu’il prenne une autre route, car lui se lançait sur le marathon. 

C’est alors que je fais demi tour. Voilà, je suis a 6 km de l’arrivée, je suis super bien, et je repars en sens inverse pour retrouver ma mère qui n’en menait pas vraiment large. Une dizaine de minutes plus tard je la vois, et je resterai avec elle presque jusqu’au bout. La pluie glacée aura eu raison de moi, et j’ai accéléré sur la fin pour vite aller chercher ma médaille…avant de repartir a nouveau chercher ma mère et la soutenir jusqu’au bout. 

La conclusion, c’est que c’était un semi de plus de 21 km, que d’après les résultats officiels, j’ai passé la ligne en 2h30, qu’hormis mon non entrainement, je n’ai eu que quelques courbatures minimes, et la joie d’avoir fait une course juste pour le plaisir et l’envie de courir dans un cadre topissime, avec pour seul objectif s’amuser et se soutenir.

Ces derniers mois je me focalise sur ma lenteur, ça me déprime et chaque fois je traine un peu plus les pieds pour y aller. C’est trop bête parce que j’adore courir. C’est trop bête aussi parce que je crois vraiment qu’avec un peu plus de hargne à l’entrainement, je pourrais avoir de bons résultats. Je le réalise quand je constate que 2h30 de course n’étaient pas difficiles, alors que je n’avais pas couru depuis des jours, voir semaines.

Cette course était super, une de mes plus agréables, pas de chrono, pas de bobos, que des sourires et un sentiment de profonde satisfaction personnelle. Run free !

Fais moi mal !

Je reprends. Dimanche dernier, j’ai parcouru la forêt pendant plus de 5 heures dans un état plus ou moins lucide selon les moments, en ayant plus ou moins mal, en souhaitant simultanément arriver et abandonner.

 » […]et une fois le pied posé sur la plaque, une fois le bip d’enregistrement entendu, tout s’efface. Toute la douleur s’efface, ce qui va donner lieu à un grand débat dans ma tête. Qui donnera lieu à un autre article[…] »

On ne va pas se mentir, en règle générale, quand je participe à une course, j’y souffre. Soit parce que je ne suis pas préparée (semi de Paris, 10k de Malakoff, Trail des Lavoirs), soit parce qu’au contraire, j’estime être prête et j’y vais tête baissée (semi de Forges les Eaux, 10km l’Equipe, 20 km de Paris). Quoiqu’il en soit, il y a toujours un moment, dans la course, ou même pendant les entrainements, où je me dis (où l’on se dit ?) plus jamais. J’ai eu beaucoup de temps pour y songer dimanche dernier, car c’est à ce jour la course qui m’a prit le plus de temps.

Sur le coup j’y crois dur comme fer. Les raisons de ma présence m’échappent complètement. Ca me semble absurde de sacrifier une grasse mat’ pour aller écumer la forêt ou le bitume pendant une voir plusieurs heures. De dépenser du temps, de l’énergie, de l’argent, à faire quelque chose qui me fait souffrir, qui me fait pleurer, au lieu d’être chez moi à faire des activités confortables et joyeuses. Pourquoi je fais ça ? Pourquoi on fait ça ?!

Jusqu’à présent, ce trail à été la plus éprouvant des courses auxquelles j’ai participé. Toutes les conditions étaient réunies pour en faire un long moment d’agonie. Manque d’entrainement, terrain inconnu, difficulté reconnue du spot où nous étions, distance éprouvante, et seule plusieurs heures. Tout était en place pour que cette course soit un enfer, et c’est ce que j’ai pensé jusqu’à l’arrivée.

Aujourd’hui pourtant, 6 jours plus tard, j’ai très hâte de recommencer. Comment expliquer ? Ca me perturbe vraiment d’avoir cet état d’esprit là et j’aimerai comprendre le schéma.

Mon compte rendu est noir, mais je continu de penser que cette course était magnifique.
Est ce que tout se résume au fait que j’aime bien me faire mal ?
Je ne pense pas, car j’ai tendance à fuir les entrainement difficiles !
Est ce que je suis fière de faire des choses « dures » ?
Je ne pense pas non plus car je me sens plutôt bête de me lancer dans ces trucs sans être vraiment prête.

Je sais…
Je dois avoir la mémoire courte.

Qu’en est il chez vous ?

Ma première fois – Trail des Lavoirs CR

50 heures après avoir passé la ligne d’arrivée, je me poste devant l’écran pour mettre tout ça bien au clair. Parce que pour une expérience, c’était un expérience !

Dimanche 27 avril, mon frère et moi avons pris le départ de notre tout premier trail. Deux semaines auparavant nous avions fait presque un tiers du parcours et j’étais ravie, bien que crevée. Crevée passe encore. Dimanche, je me suis sérieusement demandé, et à plusieurs reprises, si je n’allais pas tout simplement abdiquer. J’ai bien essayé d’abandonner d’ailleurs, oui mais –

Pas d’arche de départ, un camion de la croix rouge en plein milieu d’une place, et des tables dressées pour le ravito du trail long, comportant fromage, croissants et saucisson. Fromage, croissants et saucisson  !
J’ai aimé cette ambiance pré-course, les gens sont tellement détendus et cools. Je n’ai pas d’autres mots que celui là: c’était cool. C’est incomparable aux sas parisiens que je commence à connaître. Le trailer est souriant, poli, et il n’a pas honte de mettre un sac poubelle sur sa tête pour se protéger de la pluie.

On s’en va donc à la cool,
après un court message du speaker qui se contente de nous dire que non, les cordes qui tombent du ciel ne vont pas retarder le départ, aller partez maintenant. Aller, on y va j’ai dit ! Bon, allons y.
Je cours, je cours, je cours, je suis euphorique, je n’arrête pas de sourire, c’est la fête, je cours, ça monte, je marche. Comme tout le monde ceci dit.
Quand mon frère m’apprend, un bon moment après le départ, que nous ne sommes pas encore au 5ème k, je commence à paniquer un peu. Mais quand on rentre vraiment au coeur de la forêt, ça m’est égal, parce que ce que j’ai sous les yeux est tellement parfait que ça efface mes 200 bpm. La pluie, les arbres. Enjoy.

On arrive au 10 ème km, et c’est le premier point de poinçonnage.
Dans le règlement, ils étaient très sévères, disant que si on le manquait, c’était la disqualification. Le poinçonnage, c’est ça: un poteau en bois, un bout de laine accroché et au bout une sorte de pince à linge à 4 picots. On fait la queue pendant presque un quart d’heure. Je suis tellement heureuse de me reposer que je ne râle pas. Au final, ces 4 petits trous n’auront servit à rien du tout, sinon à me rendre mon souffle.
Je convainc mon frère de s’échapper au 10 eme. Le deal de départ c’était qu’on reste ensemble jusqu’aux 20 et qu’il fasse la comète seul ensuite. Je ne voulais pas ça, vu où on en est (dans la file d’attente donc) et vu mon état (sourire de façade cachant une panique totale), il fallait absolument qu’il s’en aille. Je m’explique. Quand je cours et que je sens que je suis dans le dur, que je souffre, que je suis obligée de me pousser au cul pour avancer, je veux être seule. C’est stupide car le fait d’être accompagné et donc encouragé aide a avancer plus, seulement voilà, je n’y arrive pas. Ca me bloque complètement parce que j’ai le sentiment de faire le boulet au bout de la chaîne, et mentalement ça marche pas. Même en entrainement j’ai ce sentiment là, aussi je fui les sorties à deux. Hors sujet off.

Mon frère part.
D’un coup je veux dire. Je le vois, je le vois plus. Et en un tout petit quart d’heure, le vide se fait autour de moi, et ce sera comme ça jusqu’à l’arrivée. Je sais avec certitude qu’il y a un groupe derrière moi, et quelques coureur devant, que j’aperçois parfois entre les arbres, au loin.
Je suis toute seule au milieu de la forêt, j’ai déjà mal aux jambes, et il me reste 20 kilomètres à parcourir. Comment expliquer ce que j’avais dans la tête ? Je cours dans le plat, je randonne dans les montées, je souffre dans les descentes. Putain je souffre dans les descentes. Mes genoux ont morflés dans les toutes premières, et désormais, chaque appuis en pente est une torture. C’est horriblement frustrant, car les 10 premières bornes, si c’était dur, j’avais au moins la satisfaction de m’éclater en dévalant la boue, les branches et autres joyeusetés. Désormais, je fais surtout en sorte de ne pas me vriller les genoux.

Je devine mon allure, et je sais, au vu de mon chrono, que je dois être au 15 ème.
Alors je décide d’abandonner. Mais vraiment. J’y songe depuis un certain temps déjà, et je me dis que ce n’est pas si grave. Je n’ai même pas à m’en convaincre, je le pense sincèrement. Ce n’est pas si grave. Seulement, quand t’es toute seule au milieu de la forêt, et que tu n’as vu personne depuis plus d’une heure, ben je sais pas vous, mais moi je savais pas trop comment « abandonner ». Sur route j’imagine qu’on se met sur le côté et qu’on prend le métro pour retourner au départ. Oui mais, de métro il n’y a point, et clairement, j’aurai beau utiliser mon sifflet de survie, je ne pense pas qu’on va venir me chercher en hélico. Voilà donc où j’en suis: J’ai fais la moitié de la course, je boitille déjà en marchant et en courant, mais à part ces rubans jaune à suivre, je n’ai personne à qui m’adresser pour dire « ramenez moi ». Donc, que fais-je ? J’avance tient.

Des heures plus tard (j’en rajoute un peu), je vois un gilet orange.
Enfin ! Un bénévole ! Je pleure déjà en m’approchant de lui, en étant sure d’être délivrée. Peut être qu’il va m’annoncer que je suis au 28 ème et alors je finirai en héroïne.
Il faut passer sous la buse pour continuer. La buse, c’est une sorte de tunnel sous la route, qui fait 1m de haut, 2m de large et 20m de long. + 15cm d’eau boueuse.
Je lui demande où on en est, et là c’est le drame. 17 km. Je n’ose pas lui demander d’arrêter. En fait j’ai trop envie de passer sous la buse ! Chose faite, je commence à avoir une bonne tête, collants boueux, chaussures qui ont gagnées 500gr chacune.

J’avoue que pour la suite je n’étais plus trop lucide.
J’ai fini, je sais pas trop comment, en tout cas, lentement. Après le passage aventure, j’ai retraversé une route, et une dame dit qu’il reste 10 km en forêt.
Quand on croise les bénévoles, ils sont fous de joie à notre place, ils applaudissent, félicitent, comme si on faisait un exploit, et alors, c’est comme si on était obligé de sourire et de faire genre cool tout roule je vais bien, 10 bornes encore ? Trop facile, aller à toute à l’heure ! Une fois qu’elles sont hors de vue, je me flagelle, mais pourquoi je me suis pas accrochée à leur voiture, pourquoi j’ai pas dit que j’étais en train de mourir ? Et si j’y retournais ? Pourquoi je n’y retourne pas ?

Les 10 kilomètres les plus long de ma vie.
Le marathon à côté, c’était rien. Vraiment, c’était rien. J’ai eu tout le loisir d’y repenser, à coup de « mais comment ai-je pu me plaindre pendant le marathon, c’était une promenade de santé ». Je sais pas trop en combien de temps je les ai fait, ces 10 km. J’ai énormément marché sur ce dernier tiers. Je pouvais plus, c’est tout. Tout mon corps me faisait mal, les articulations en feu, même mes bras et ma nuque étaient courbatus. Je vois de nouveau une bénévole, j’ai une allure tellement folle qu’elle me demande si je me suis fais une entorse. Elle m’annonce qu’il reste 4 kilomètres.

Les 4 kilomètres les plus longs de ma vie.
Je sors mon téléphone pour écrire à mon frère. Je lui avoue que je suis dans le dur depuis un bail, la réponse ne se fait pas attendre, il a morflé aussi sur ce tiers. C’est toujours bon à savoir. J’avance, j’avance. Ben non, je n’avance pas puisque… « Aller courage, il ne reste plus que 2 km ». Là je suis franchement en colère. J’ai l’impression qu’on me ment depuis le début. Je n’arriverai jamais, la ligne d’arrivée recule sans cesse.

Les 2 kilomètres les plus longs de ma vie.
SMS: « tu le finis en courant ». Vamos. Qu’est ce que c’est dur. Finalement, l’arrivée est bien là, et une fois le pied posé sur la plaque, une fois le bip d’enregistrement entendu, tout s’efface.

Toute la douleur s’efface, ce qui va donner lieu à un grand débat dans ma tête. Qui donnera lieu à un autre article parce que il est 22h30 et que c’est trop bon de se coucher tôt.

Ce premier trail était vraiment intense. L’article que je viens d’en faire me semble assez sombre, et pourtant, je vois encore le soleil et la pluie mélangés entre les arbres, je vois encore cette biche à quelques mètres de moi qui a sautillée pendant quelques minutes, je sens encore ces mains qui ont serrées mes bras quand des traileurs fous me dépassaient comme des boulets (ceux du 65k qui étaient sur la fin et qui rejoignaient notre boucle). Ils couraient après leur chrono, et pourtant, chaque fois, on m’a demandé si ça allait, chaque fois, ils ont planté leur yeux dans les miens pour juste dire « courage, avance encore » et ça, c’est un truc que je n’ai jamais connu, sur aucune course. J’imagine que c’est ce qu’on appelle l’esprit trail. Ban franchement, l’esprit trail, ça vaut le détour.

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