« Comme une lettre à la poste »

Plus tôt dans la journée, je pensais à cet article. J’étais dans les rues de Paris, chacun de mes tibias pesait 20 kg et -pardonnez moi- je songeais sérieusement au moment où j’allais devoir m’arrêter pour g*****. Je cherchais un titre -vous pensez à quoi vous quand vous courrez ?- et mon choix s’était porté sur « C’est l’histoire d’une lutte ».
Le titre a changé. Ça a prit une heure. Une heure de course.
Samedi, j’ai rendez vous avec un 10km. C’était la dernière semaine, la semaine de relâche pour tout coureur normalement constitué. Celle qui suit les semaines d’entrainements, celle méritée, où l’on garde le canapé sans culpabiliser puisque tout est prêt dans les jambes. Vous l’aurez compris à la teneur de mes articles précédents, cette semaine représentait plus la semaine-sauvetage, la semaine-de-la-dernière-chance.
Lundi, j’avais courageusement décidé d’aller courir. J’ai fait 1 km, et puis, j’ai fait demi tour. Est ce que ça vous arrive d’avoir les tibias lourds, mais lourds ? Quand je ne cours pas sérieusement pendant plusieurs jours/semaines, c’est ce qu’il se passe pour moi. L’impression de ne plus réussir à mettre le pied en flexe, parce que mon os coince. Bref. Lundi donc, après 1 km allé, et 1 km pour vite retourner à  la maison, j’ai décidé de faire une séance de triche. Mon rendez vous de samedi ne me permettait pas de simplement rentrer tête basse. Alors j’ai pris des escaliers, très hauts et très longs (bon pas si longs mais…) Et j’ai fait 5 séries. Puis je suis rentrée, tête moins basse que si je n’avais rien fait.

Paris-20140127-01697

Et puis aujourd’hui, jeudi. Je savais déjà que j’allais sauter l’entrainement, le reportant une énième fois à demain. Mais mon ami m’a pousser au cul. Il a dit « On va courir« . Bon. Allons courir.
J’y suis allée à reculons, j’ai commencé à courir, mes tibias ont commencés à peser, j’ai commencé à espérer tomber dans les pommes pour arrêter le supplice, je ne suis pas tombée dans les pommes. Puis mon ami a dit « Dans 10 minutes tu seras contente d’être là« . Alors j’ai pensé « Si j’avais été seule, je serai déjà repartie en arrière. » Puis il à dit « Ça fait déjà 10 minutes qu’on court » et j’ai pensé « Merde c’est tout« . Ensuite, il ne s’est plus occupé de moi, et je ne me suis plus occupée de moi non plus. J’ai fixé son dos, et j’ai couru, et j’avais mal aux jambes, et j’avais la nausée, et puis d’un coup, tout à disparu. D’un coup j’ai pu sentir le vent sur mon visage, et sur mes mains, qui me rafraichissait, j’ai pu sentir que mes pieds n’étaient pas si lourds, que je n’avais pas tant perdu, j’ai pu écouter mon souffle relativement régulier, j’ai pu lever les yeux et regarder le ciel bien loin, en sentant que c’était bon.
Ensuite mon ami à dit « Plus que 800m et on aura fait nos 10 bornes« . Alors j’ai dit « Sérieux ? Tu me mens, non ?  » Alors il s’est offusqué. Je sais pas s’il a fait exprès, mais on a rajouté un km. Puis il a dit « T’as vu c’est passé comme une lettre à la poste« . Puis j’ai rien dit. Parce qu’il avait bien raison.

Alors voilà, tout ça pour dire qu’aujourd’hui, j’ai couru 11 km, en 1h04. Et que j’ai aimé ça. Et que malgré ces semaines horribles post marathon, ces semaines de culpabilité, ces luttes matinales pour y aller, je suis bien contente de toujours tourner autour des 10 km/h. Je sais pas si c’était très intelligent de s’enquiller ça avant samedi, mais peu importe. Après une sortie comme celle là, j’ai presque envie de chuchoter « I’m back ». Mais je vais attendre un peu, pour être sûre.

En tout cas y a pas à dire, en cas de doute, courir avec une paire de fesses sous les yeux, ça aide.

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